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L’écriture des lieux : rencontre avec Joanna Pocock

« La part sauvage »
Modération : Salomé Kiner

Pendant deux ans, en plein vertige existentiel, l’écrivaine Joanna Pocock troque sa vie londonienne pour les immensités du Montana, en compagnie de son mari et de sa fille. Pour affronter ses dérèglements personnels, elle se confronte au mythe de l’Ouest américain, tissé de nature sauvage et de liberté, mais aussi à l’envers du décor où règnent tensions, contradictions et démesures.
Si les grands troupeaux se raréfient, si nombre de cours d’eau et de pâturages sont pollués, si l’anthropocène n’en finit pas d’égrener ses ravages avec l’approbation d’une large partie de la population qui considère que la modernité exige de tels sacrifices, l’esprit du territoire se révèle plus étonnant. La chercheuse va également à la rencontre de « dissident·es périphériques », de celles et ceux capables d’imaginer d’autres manières d’être au monde et de penser sa survie, quitte à enfreindre la loi. Des figures du réensauvagement, de la réhabilitation de savoir-faire ancestraux ou de l’écosexualité habitent ainsi les pages de son ouvrage « Abandon » : un voyage à rebours de la civilisation établie, une quête de lucidité et d’humilité, sinon de joie.
Son deuxième ouvrage « Greyhound », poursuivant l’observation des transformations du paysage étasunien, réfléchit aux responsabilités politiques de l’art et de la littérature face aux drames écologiques.

Fondation Jan Michalski, le 24 avril 2026